fairplanet
 

 
 
 
 
  • Greek
  • English (United Kingdom)
  • French (Fr)
 

Le G20 : pas plus légitime que le G8 ! Déclaration mondiale Array Imprimer Array
Vendredi, 31 Octobre 2008 11:54

 

Le nouveau et antidémocratique « Consensus de Washington » ne réglera pas la crise mondiale, selon plus que 550 groupes issus de 88 pays.

International, le 29 octobre 2008 – En cette veille d’une réunion convoquée par les Nations Unies (ONU) pour discuter de son nouveau groupe de travail de haut niveau sur la crise financière mondiale, présidé par le lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz, et deux semaines avant la rencontre des membres du Groupe des 20 aux États-Unis qui portera sur la même question, une coalition de 550 organismes provenant de 88 pays publiait aujourd’hui une déclaration réclamant une réponse vraiment mondiale à cette crise mondiale et exposant les grands principes pour ce faire.

«De toute évidence, il est impératif de s’entendre rapidement sur les mesures à prendre pour faire face à la crise immédiate et protéger les travailleurs ordinaires, les ménages à faibles revenus et d’autres secteurs extrêmement vulnérables contre ses répercussions», a déclaré Lidy Nacpil, du Mouvement Asie/Pacifique sur la dette et le développement-Jubilée Sud.
«Mais puisque les répercussions seront vraisemblablement plus importantes sur les personnes les plus démunies et dans les pays émergents et en développement, a poursuivi Mme Nacpil, les gouvernements et les citoyens de tous les pays ne devraient-ils pas avoir leur mot à dire, et non pas uniquement ceux qui sont responsables de cette crise ?»

Les groupes signataires de la déclaration exigent que tout sommet mondial à venir respecte les principes suivants :

  • inclure la participation de tous les gouvernements du monde ; 
  • engager vraiment la société civile, les groupes de citoyens et les mouvements sociaux dans le processus de façon significative ; 
  • établir clairement un calendrier de consultations régionales avec les groupes les plus touchés par la crise ; 
  • avoir une portée assez large pour aborder l’ensemble des problèmes et des institutions ; 
  • être transparent, en mettant à la disposition du public les propositions et l’ébauche des documents finaux pour en permettre la discussion bien avant la rencontre.

La déclaration confie également à l’ONU, à titre d’organisation représentative à l’échelle mondiale, le rôle de tenir un tel événement.

«Les politiques poursuivies par les gouvernements du Nord, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international au cours des trente dernières années ont échoué lamentablement, a soutenu Vitalis Meja de l’organisme Afrodad. Et maintenant, on veut corriger la situation en réunissant les représentants de 20 gouvernements dans la capitale américaine pour établir un nouveau “Consensus de Washington”.»
Selon Roberto Bissio de Social Watch, «toute tentative de la part des pays les plus puissants d’imposer une entente qui ne reposerait ni sur la consultation publique ni sur la participation de la majorité des pays du monde dans un processus inclusif, ne pourra que miner davantage la confiance des populations.»

Le texte intégral de la déclaration mondiale:

Déclaration relative à la proposition de « Sommet Mondial » pour réformer le système financier international

Contexte

Ces derniers mois ont vu l’Amérique du nord et l’Europe être touchées par l’une des plus importantes crises financières de leur histoire. La réaction a été tout aussi historique. Pour éviter la récession à la fois régionale et mondiale et restaurer la stabilité et la confiance dans les marchés, les pays du Nord ont enclenché un programme majeur et sans précédent d’interventions gouvernementales, comprenant la nationalisation de banques, l’injection de subventions massives dans les institutions touchées par la récession et l’élaboration d’une nouvelle réglementation de leurs secteurs financiers.
 
Cette réponse présente un contraste marquant avec l’austérité des politiques néolibérales que la Banque mondiale, le Fond monétaire international (FMI) et les pays développés ont menées vis-à-vis des pays en voie de développement ces trente dernières années. Les gouvernements ont été poussés vers la libéralisation des barrières commerciales, la déréglementation des marchés financiers et du marché de l’emploi, la privatisation des industries nationales, l’abolition des subventions et la réduction des dépenses sociales et économiques, réduisant ainsi d’une manière drastique le rôle de l’état.

Cette politique de deux poids, deux mesures est non seulement inacceptable, mais elle indique aussi l’omniprésence des fondamentalistes du libre-échange. Le marché financier international, son architecture et les institutions financières ont été complètement dépassés par l’envergure de la crise financière et économique. Le marché financier, son architecture et les institutions financières doivent être complètement repensés.

Vers une réponse réellement mondiale à une crise mondiale

Ces dernières semaines, les chefs de file du monde entier se sont accordés à reconnaître les failles du système existant et l’urgence d’organiser des rencontres afin de traiter un ensemble important de propositions visant à réformer le système financier mondial et les institutions financières. Les G20 se réuniront à Washington DC le 15 Novembre à commencer les discussions. Il est devenu évident et impératif de prendre des mesures immédiates pour faire face à la crise, et nous tenons à mettre en évidence la priorité de réponse qui doit être donnée aux impacts touchant les employés et travailleurs ordinaires, les ménages à faible revenu, les retraités ainsi que tous les autres secteurs extrêmement vulnérables. Nous éprouvons cependant une vive inquiétude à ce que les rencontres prévues s’organisent d’une façon précipitée et non inclusive et par conséquent ne puissent pas traiter en profondeur tous les changements nécessaires ni en répartir équitablement les charges.

Bien que la crise se soit déclenchée dans les pays du Nord, les pays en voie de développement sont ceux qui vont en ressentir le plus durement les impacts. Il est par conséquent essentiel que tous les pays puissent avoir leur mot à dire dans le processus de changement de l’architecture financière internationale. Aucune solution durable et équitable pour transformer le système actuel ne pourra surgir d’un sommet préparé précipitamment et excluant de nombreux pays et sociétés civiles. De tels efforts ne feront en fait que saper la confiance publique et priver davantage de leurs droits des pays qui sont d’ores et déjà en train de se tourner vers des solutions régionales plutôt que vers un système financier international plus fort, plus cohérent et plus juste.

Nos requêtes – l’heure d’une refonte essentielle

Nous soussignés, organismes des sociétés civiles, soutenons la transformation fondamentale et radicale du système économique et financier international. Dans le but d’atteindre cet objectif, nous appuyons l’important sommet international convoqué par l’ONU visant la réforme de l’architecture et de la gouvernance monétaire et financière internationale ainsi que celle des institutions financières, si, et seulement si, ce sommet se tient aux conditions suivantes :

  1. Qu’il inclue et fasse participer tous les gouvernements du monde. 
  2. Qu’il inclue les représentants des sociétés civiles, des groupes de citoyens, des mouvements sociaux et de toutes parties prenantes. 
  3. Qu’il respecte l’échéancier précis d’un processus de consultations régionales, particulièrement pour les secteurs les plus affectés par la crise. 
  4. Qu’il s’attaque en détail à tous les problèmes de fond et à chaque institution. 
  5. Qu’il fasse preuve de transparence en rendant publiques les propositions et ébauches de conclusions et en anticipant largement leur préparation avant le sommet.

Afin de commencer à préparer ce sommet mondial, il faudra s’inspirer pleinement des travaux du nouveau groupe d’action de l’ONU détaché pour réformer le système financier mondial, de ceux d’autres instances de l’ONU, ainsi que de la prochaine conférence de l’ONU sur le financement du développement.
 
Il n’existe pas de solution miracle rapide pour sortir du système actuel qui a favorisé l’instabilité et l’inéquité ni pour rentrer dans un système juste, durable et fiable qui devienne avantageux pour l’ensemble des peuples du monde.

 

         
© 2018 Fair Planet hosted by external.gr, powered by design obsession